Mondiaux de para-athlétisme 2026 : les Français à surveiller

Julien Renaud

15 mai 2026

Après les 75 médailles historiques des Jeux Paralympiques de Paris 2024, l’équipe de France de para-athlétisme entre dans un nouveau cycle. L’année 2026 sera décisive : la saison du Grand Prix mondial bat son plein, avec une étape à Paris en mai, et les regards se tournent déjà vers les prochains Championnats du monde. Tour d’horizon des tricolores qui vont faire trembler les pistes en 2026.

Il y a des années charnières dans le sport. 2026 en est une pour le para-athlétisme français. Portés par l’euphorie des Jeux à domicile, les para-athlètes tricolores ont désormais un double défi à relever : confirmer leur niveau international sur le circuit du Grand Prix mondial, dont une étape se tient à Paris en mai au Stade Charléty, et poser les bases d’une préparation solide en vue des prochains Championnats du monde. Dans cette quête, plusieurs profils se démarquent. Certains courent après l’or qui leur échappe depuis des années. D’autres reviennent de blessure avec la rage de ceux qui ont failli tout perdre. Tous ont une histoire à raconter, les voici !

Timothée Adolphe, le « Guépard blanc » affamé d’or

Il a décroché deux médailles d’argent à Paris 2024, sur le 100 m et le 400 m T11. Deux podiums magnifiques. Et pourtant, en tête à la sortie du dernier virage jusqu’aux 350 mètres, Adolphe s’est fait surprendre par l’excellent finish du Vénézuélien sur le 400 m, trois centièmes seulement séparaient le sprinteur non-voyant de l’or sur le 100 m. Autant dire que la frustration est intacte.

Depuis les Mondiaux de Dubaï en 2019, où il avait décroché la médaille de bronze sur le 400 m, Timothée Adolphe s’est imposé comme l’un des meilleurs sprinters mondiaux sur les deux distances reines en catégorie T11. À l’INSEP avec son entraîneur Dimitri Demonnière, il s’entraîne 25 heures par semaine. L’or mondial lui tend les bras, il n’a plus qu’à s’en saisir.

Dimitri Pavadé, la revanche du guerrier réunionnais

C’est peut-être lui qui incarne le mieux l’esprit handisport dans toute sa force. Amputé au niveau du tibia à 18 ans après un grave accident du travail, Dimitri Pavadé n’a découvert le para-athlétisme qu’en 2016, et pourtant, il est devenu en quelques années l’un des meilleurs sauteurs en longueur de la planète.

À Paris 2024, revenu à seulement quatre mois d’une lourde blessure au genou, il a terminé quatrième avec un bond à 7,43 m, à six centimètres du podium. Une performance extraordinaire dans les circonstances. Désormais, c’est vers Los Angeles 2028 que Dimitri Pavadé se tourne, mais il entend bien revenir sur le sprint en 2026, sur 100 m et 200 m, en plus du saut en longueur. Un programme ambitieux, à l’image du personnage.

Mandy François-Élie, la championne qui ne raccroche pas

Atteinte d’une hémiplégie et paralysée partiellement du côté droit en raison d’un AVC à l’âge de 18 ans, Mandy François-Élie a su rapidement se faire une place dans le monde du handisport. Médaillée d’or sur le 100 m aux Jeux de Londres, elle a enchaîné avec l’argent aux Jeux de Rio et le bronze à Tokyo.

À 34 ans, la sprinteuse des catégories T37 continue de défier le temps et les statistiques. Elle possède une capacité rare : transformer chaque grande compétition en opportunité, quel que soit son état de forme. En 2026, elle s’alignera sur le Grand Prix de Paris et voudra démontrer que les belles années ne sont pas derrière elle. Pour quiconque a déjà vu Mandy François-Élie se battre jusqu’à la ligne, la réponse ne fait guère de doute.

Nantenin Keïta, l’icône qui continue d’écrire l’histoire

Sprinteuse paralympique malvoyante franco-malienne, Nantenin Keïta est atteinte d’albinisme et de déficience visuelle. Porte-drapeau de la délégation française aux côtés d’Alexis Hanquinquant lors de la cérémonie d’ouverture à Paris, elle a déjà remporté une médaille d’or aux Jeux de Rio en 2016, une en argent aux Jeux de Pékin en 2008, et deux en bronze.

Bien que ses cinquièmes Jeux Paralympiques l’aient vue terminer sans médaille sur le 400 m T13, Nantenin Keïta reste une compétitrice redoutable sur les circuits de Grand Prix. Sa présence dépasse le cadre sportif : militante pour les droits des personnes albinos à travers son association SNK, elle est l’une des figures les plus respectées du mouvement paralympique mondial. En 2026, chacune de ses foulées sera suivie avec attention.

La nouvelle génération à ne pas manquer

Au-delà des figures confirmées, le para-athlétisme français dispose d’une génération montante à surveiller de très près. Charles-Antoine Kouakou, champion olympique du 400 m T20 à Paris 2024, et Arnaud Assoumani, spécialiste du saut en longueur T46 notamment, ont démontré qu’ils pouvaient jouer dans la cour des grands. Ces athlètes abordent 2026 avec l’appétit de ceux qui ont goûté à la victoire et veulent en redemander.

Le circuit du Grand Prix mondial passera par Paris en mai, au même Stade Charléty qui avait accueilli les Mondiaux en 2023 et où l’équipe de France avait pu mesurer son niveau international. Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte.

Pour les passionnés d’handisport, 2026 s’annonce comme une saison riche en émotions, en rebondissements et en performances à couper le souffle. Ces athlètes Français ont tous une chose en commun : ils ne font pas que participer, ils viennent gagner.

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